Deux jours sans pouvoir accéder à internet et voilà ce que ça donne : une boîte de réception bien pleine, des commentaires en suspend sur le blog, un rdv Skype entre les filles et leurs copains qui n'a pas pu se faire (désolée Laetitia... on ne pouvait rien faire)... Bon, ce n'est pas la fin du monde, on va s'en remettre. Mais ici tout est assez aléatoire et quand quelque chose commence à ne plus fonctionner, on se demande forcément si ça pourra remarcher un jour. Dans un autre ordre d'idée, j'ai appelé hier le CDP où se trouve une chouette médiathèque jeunesse à laquelle les filles sont impatientes d'être inscrites, et on m'a confirmé que ce n'est toujours pas rouvert au public, toujours les fameux travaux dans la cage d'escalier ; plus de rampe, un trou béant au milieu : hors de question que j'y amène mes follettes !! Aujourd'hui les deux grandes allaient à la bibliothèque de l'école alors elles auront de la lecture en arrivant tout à l'heure, ça tombe bien : ce soir c'est le week-end ici.

Nos petites tracasseries de connexion à internet sont bien peu de chose face à ce bazar qui règne en France, d'après ce qu'on a lu, ce que plusieurs d'entre vous nous avez écrit par mail, et ce qu'on voit aux infos télévisées françaises. Etant hors de France, on y échappe, enfin pas complètement : pas de courrier hier, pas de carburant pour l'avion de frêt. On attendra que ça se rétablisse, ça n'est pas très grave non plus. Racontez-nous comment ça se passe pour vous, envoyez-nous des mails, on les lira si la connexion tient bon et on vous répondra !

Avec tout ça, je n'ai toujours pas repris mon récit de la visite de Maaloula et Seydnaya. Il faut quand même que je vous en touche deux mots. Cette journée-là a été très chouette, très appréciée de nous cinq. Nous avons fait des rencontres plutôt marrantes : à Maaloula, un couple de retraités belges avec qui nous avons fait un bout de chemin entre le couvent Sts Serge et Bacchus et la grotte de Sainte-Thècle (sur les photos, vous nous voyez traverser des failles de plusieurs mètres de haut : c'est le passage entre les deux sites) ; le monsieur belge avait un super appareil photo et a pris notre adresse e-mail pour nous envoyer ses photos quand ils seront de retour chez eux ; à Maaloula toujours, un couple de niçois en vacances en Syrie et Jordanie, épatés de croiser de toutes petites filles dans cet endroit grandiose ; à Seydnaya, un groupe de français (de Perpignan) en visite, qui ont admiré le sérieux de nos filles en train de déguster une glace bien méritée : ils nous ont fait remarquer comme les enfants sont toujours bien silencieux avec une glace... ce qui, concernant nos pipelettes, est particulièrement vrai ! Ils ont tapé la discute avec nous, c'était sympathique comme tout. Et puis, grand moment que vous voyez d'ailleurs parmi les photos : une rencontre avec trois femmes à Seydnaya, fascinées par nos blondinettes ; la jeune fille parlait un peu anglais, la grand-mère pas du tout mais peu importe : elle voulait juste nous offrir de quoi manger, des concombres, des mini pizzas, des gâteaux secs, des dattes fondantes... Ceux qui connaissent Erell se doutent qu'elle n'a pas refusé le concombre et a croqué dedans avec grand plaisir (elle raffole du concombre)... sauf qu'on aurait préféré qu'elle ne le mange pas : ici en principe c'est épluchage obligatoire, ou nettoyage et trempage dans du vinaigre si c'est quelque chose qui ne s'épluche pas, sinon gare aux amibes... Bon, on n'a pas osé refuser et Erell n'a pas été malade ; Amélie oui, en revanche, et très rapidement !

A Maaloula, qui est l'endroit qui nous a le plus marqués, nous avons donc pu entrer dans le couvent Sts Serge et Bacchus, à l'intérieur duquel se cache une petite merveille : une église dont on considère, grâce à différents indices, qu'elle est l'une des plus vieilles églises au monde (IVe siècle). Dans cette ville, on parle encore l'araméen, la langue du Christ, et la jeune fille qui assurait l'accueil des visiteurs nous a proposé de nous asseoir et d'écouter le Notre-Père en araméen. C'était très surprenant de l'écouter, dans la pénombre, et même les filles se sont laissées envoûter par ce moment et ont gardé le silence (oui oui !!! vrai de vrai !!! j'en vois déjà qui ne me croient pas !!!). Les filles ont allumé elles-mêmes des cierges et ont beaucoup aimé cela. Même ambiance surprenante dans la grotte de Sainte-Thècle, qu'on visite pieds nus dans une odeur d'encens, au milieu de dizaines d'icônes superbes et très anciennes.

Je ne sais pas si certains d'entre vous nous rendront visite ici un jour, mais si c'est le cas, ces deux villes sont certainement des endroits où nous vous emmènerons !

Lundi j'ai participé à un cours de cuisine syrienne organisé par l'asso Vivre à Damas, je vous en parlerai dans un prochain message. Bises à tout le monde, et n'hésitez pas à me dire précisément de quoi vous avez envie que je vous parle dans ce blog ;-)