J'ai tenté de charger pas mal de nouvelles photos ce soir mais pas moyen, ça bugge, je réessaierai demain. Restons zen...

Hier nous étions de nouveau en vadrouille : nous avons visité Bosra, au sud du pays, à deux pas de la frontière jordanienne.  Mes photos arriveront demain, mais en attendant, vous pouvez toujours aller voir là : http://al.amidache.free.fr/bosra.htm

Cette visite était vraiment chouette encore une fois. On adore partir le matin à la découverte de ces nouveautés qui nous ont fait envie dans le Guide du routard(http://www.routard.com/guide/code_dest/syrie.htm). Il nous a fallu une heure et demie de route pour arriver, et en chemin il y avait de quoi regarder le paysage : beaucoup de bédouins et leurs troupeaux de moutons et de chèvres (ainsi qu'un âne ou deux), à proximité de leurs tentes en plus ou moins bon état (à tel point qu'Amélie, prévoyant d'en dessiner dans son carnet de voyage, m'a demandé "maman, je les dessinerai avec des trous ou sans trous ?" :-D) ; des étendues cultivées qui nous ont confirmé qu'on traversait une plaine fertile, le Hauran (oliviers, vigne, champs de légumes et en particulier de tomates) ; des pierres volcaniques un peu partout... De tout cela, Erell n'aura pas vu grand chose, elle a fait une bonne sieste durant tout le trajet ! Il n'en restait plus que deux pour se disputer, c'était toujours ça de pris...

A l'arrivée à Bosra, on prend d'abord une longue rue droite au bord de laquelle sont construites plein de maisons plutôt grandes et neuves ; réaction des filles : "ah c'est ça les très vieilles maisons ???" Ben oui, on leur avait annoncé des ruines... Et puis on arrive enfin, au bout de cette longue rue, au fameux site de l'amphithéâtre. On trouve une place pour se garer sans difficulté, on sort... et tout de suite, on est accosté par le gamin qui nous prend un peu de sous pour le stationnement, celui qui veut nous vendre des trucs, et celui, très coriace, qui veut nous guider sur le site. On décide de ne pas le prendre, on veut visiter à notre rythme, avec notre guide en main, et en faisant bien attention aux filles (pour avoir déjà visité tous les deux le théâtre d'Epidaure, en Grèce, on se souvient comme les marches peuvent être dangereuses avec des enfants). Mais il insiste, le bougre !! Il nous suit et tente de nous convaincre sur au moins 300 m, entre même dans le théâtre avec nous et ne renonce que quand vraiment on lui explique les yeux dans les yeux qu'on visitera seuls, point. Il reste poli et souriant et repart à la recherche d'autres visiteurs plus coopérants que nous...

On s'enfonce alors dans un endroit incroyable. On commence par marcher dans des coursives immenses, très sombres (à un endroit, on ne voit absolument pas où on pose les pieds), parfois un puits de lumière nous aide à avancer... C'est assez sinistre, en plus on est presque seuls... Yuna est mal à l'aise, râle, s'inquiète... Et puis on se retrouve à un endroit où il faut monter un escalier qui tient plus de l'échelle, un truc métallique visiblement pas d'époque mais pas tout jeune non plus ! On passe tous les 5, il ne casse pas, ouf :-D Et là-haut, on découvre la vue sur la ville : c'est vraiment beau et surprenant. Mais on n'a pas encore vu l'amphithéâtre ! On continue notre chemin, on traverse une espèce d'esplanade semée de colonnes restaurées, des caryatides qui ont perdu leur tête, des bas-reliefs, des chapiteaux posés au sol, des pierres portant des inscriptions en arabe, en latin, peut-être en araméen aussi. Et puis on découvre un escalier en pierre qui descend très à pic et nous demande beaucoup de concentration pour arriver en bas sans accident avec les filles (on avait donc raison !), et voilà qu'on traverse les coulisses et qu'on arrive dans l'amphithéâtre... Il est aussi grandiose que ce qu'on imaginait ! Les filles s'extasient, se mettent à courir sur la scène en poussant des cris de joie ("chut les filles, vous n'êtes pas toutes seules ici !" je suis sûre que vous n'avez pas de peine à nous imaginer, n'est-ce pas ???), et puis on se dirige vers les gradins pour prendre la mesure de la scène, qui est vraiment monumentale. On admire cela un moment, et puis Olivier retourne sur la scène et nous parle à voix normale ; et on l'entend :-D Pas besoin de micro ! C'est la magie de l'acoustique incroyable de ces théâtres antiques. Puis Olivier décide de monter pour voir le théâtre de tout en haut. Je renonce à y aller, je trouve cela trop dangereux avec les filles et d'ailleurs elles ne semblent pas tentées par la montée, elles préfèrent aller courir au centre du théâtre. De son ascension, Olivier nous a rapporté quelques photos qui donnent vraiment le vertige !

Après avoir admiré cet endroit, lu ce que le guide du routard nous en disait, on sort du théâtre (avec une halte à la "boutique" où on achète des cartes postales pour les carnets de voyage des filles), et on regagne la place sur laquelle on trouve des petits restos qui ne payent pas de mine. Il est 14 heures, les filles ont faim... Bon, on va devoir s'y coller ! On en choisit un grâce au guide du routard... Il a une bonne critique, on est confiants... Au final, il tenait plus du boui-boui que du resto sympa ! Nourriture froide, "hoummous" de toute évidence pas très frais, concombres pas lavés... Seules les pâtisseries et loukoums du dessert sortiront du lot. A oublier ! En même temps, on n'est pas venus pour manger ;-)

On se dirige ensuite vers le village de ruines où on est encore accostés par des gamins qui veulent nous vendre des cartes postales, des porte-monnaie, des flûtes en bois... On n'achète rien même s'ils sont assez tenaces, et on fait une petite balade sympathiques dans ce champ de ruines. Petite partie de cache-cache avec des gamins qui s'amusent entre les cailloux et rigolent dès qu'on fait mine de les prendre en photo, et puis on arrive à ce qu'on appelle la "citerne", un grand bassin qui était destiné à ravitailler les caravanes en route vers la Mecque, si j'ai bien compris. On s'assied ensuite dans un café-restau où on commande des boissons qui s'avéreront plutôt mauvaises, on achète un joli collier coloré dans un étalage de bijoux et objets divers, et on repart, contents de notre visite du jour. On préfère ne pas partir tard : la route est longue pour Damas, et on veut rentrer avant la nuit, qui tombe tôt maintenant (environ 18h).

Au retour, on a bien ri. D'abord, Erell, très en forme puisqu'elle avait dormi à l'aller, dit tout à coup : "speak english ?" (elle doit souvent nous l'entendre demander aux commmerçants !) et voilà qu'Amélie lui répond : "shwei !" (qui en arabe veut dire "un peu"...)

Encore mieux : à un moment, une voiture devant nous roule à cheval sur deux voies ; je pense à voix haute : "bon toi là, tu roules où, à gauche ou à droite ?" Réponse immédiate d'Erell : "al yamin, al yasar !"  (mais non Erell, tu te trompes, "al yamin" veut dire à droite, et "al yasar" à gauche... tu pourrais faire un effort...)

On n'a pas fini de s'étonner de cet apprentissage de l'arabe qui semble se faire vraiment bien, sans effort puisqu'Erell ne prend même pas de cours à l'école, elle se contente d'écouter autour d'elle ! Comme l'autre jour, où je m'apprêtais à lui passer de l'eau sur la tête dans la douche ; elle s'est aperçue qu'elle avait encore ses élastiques dans les cheveux et m'a dit tout naturellement : "stenda shwei", a retiré ses élastiques et m'a dit "c'est bon, tu peux mouiller mes cheveux" Je suis restée coite, comme on dit... ("stenda shwei" = "attends un peu") Amélie aussi apprend peu à peu, tout comme Yuna, qui, elle, prend vraiment des cours, apprend des mots que j'apprends donc moi aussi par la suite (et c'est ainsi qu'on sait maintenant dire les noms des fruits et légumes, par exemple)

Voilà pour aujourd'hui. Les photos arriveront demain j'espère !