...mais y a-t-il encore quelqu'un pour venir le lire ?... Et bien il y a au moins nous, qui de temps en temps revenons lire des articles, voir des photos... essayer de retrouver un peu de l'air de la Syrie qui aujourd'hui doit plutôt sentir la poudre... Je ne suis pas capable d'écrire ce que je ressens quand je lis des articles du Monde, de Mediapart, de Courrier International, sur ce qui se passe là-bas. C'est inexplicable. Il y a beaucoup de conflits dans le monde, beaucoup de situations qui font que je me demande comment on peut encore vivre, nous, sans mourir d'effroi en sachant qu'ils existent. Et pourtant, on vit. Mais ce conflit-là, en Syrie, est forcément tout particulier pour nous, pour tous ceux qui comme nous ont foulé cette terre. On n'y est pas restés aussi longtemps que certains, on n'a pas eu le temps de visiter tout ce qu'on aurait voulu, et d'autres peuvent certainement témoigner de bien plus de choses que nous. Mais en tout cas, notre année là-bas a suffi pour qu'aujourd'hui nous nous sentions concernés par ce conflit interminable et épouvantable. Nous en vivons encore les effets, à beaucoup de niveaux. Et dans nos cauchemars, bien souvent. De ces cauchemars qui vous empoisonnent l'existence. Et pourtant, comment nous plaindre ? Ceux qui voient leur pays se détruire petit à petit sont les vraies victimes. Nous, nous ne sommes que des victimes collatérales. Nous continuons notre vie, pas vraiment différents d'"avant"... mais plus les mêmes, non plus. 

 

La vie continue...

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